Portraits de femmes au Moyen Âge – 11 à 15

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11. Huguette du Hamel,
la « muse » des poètes

Le chapitre de l’abbaye de Port-Royal (BNF – Gallica.fr)

Après un passage dans le monde de la satyre, retour à celles et ceux qui s’agitent sur la grande scène de l’histoire. Né au crépuscule du XIe siècle, l’ordre cistercien repose à l’origine sur la volonté d’appliquer strictement la règle de saint Benoît, dans les couvents féminins comme masculins. Mais au lendemain de la guerre de Cent Ans, la plupart des abbayes sont en déclin et les religieux ne supportent plus avec l’abnégation d’antan la discipline monastique…

12. Gerberge, la lionne de Saxe

Laon, la montagne couronnée, dernière grande ville épiscopale aux mains de Louis IV d’Outremer et de Gerberge de Saxe

Les reines de l’époque carolingienne sont pour la plupart des ombres de l’histoire, n’attirant guère sur leur destinée l’attention des auteurs de leur temps. Une seule figure émerge véritablement de ces limbes épais : Gerberge, dite « de Saxe », femme du roi Louis IV d’Outremer. Une lionne prête à tout pour défendre son époux, ses enfants, ses droits !

13. Margot de la Barre et Marion la Droiturière, procès de sorcières

La question par l’eau, telle qu’elle était pratiquée au Grand-Châtelet. Gravure sur bois figurant dans le Praxis criminis persequendi de Jean Milles de Souvigny, sorte de traité illustré de procédure criminelle publié à Paris en 1541. Folio 61.

Le samedi 30 juillet de l’an de grâce 1390, sous le règne du roi Charles VI (1380-1422), comparaît devant Jean de Folleville, prévôt du Grand Châtelet de Paris, dame Margot de la Barre, soupçonnée « que elle ne soit faisante et consentant des ensorcellements ou poisons. » Aux côtés du magistrat royal siègent également, pendant les jours qui suivent, son lieutenant, Jehan Truquam, ainsi que divers personnages fort peu accommodants, avocats, auditeurs ou examinateurs. Une instruction musclée et expéditive, avec à la clef une sentence qui ne l’est pas moins.

14. Marie de France, « Longtemps après que les poètes ont disparu »

Premier folio d’un manuscrit de l’Ysopet de Marie de France, avec lettrine (© The British Library, Ms Harley 978, fol. 40., Angleterre, troisième quart du XIIIe siècle).

Qui ne se souvient de Charles Trenet entonnant le premier couplet de L’âme des poètes ? « Longtemps après que les poètes ont disparu, leurs chansons courent encore dans les rues. » Les vers composés il y a plus de huit cents ans par Marie de France, première poétesse à écrire en français, sont un peu comme les paroles du « Fou chantant » : ils continuent à voler de page en page et de tête en tête, assurant à leur auteure une place de choix au panthéon des lettres françaises.

15. Lady Godiva de Coventry, la chevauchée sacrificielle

Affiche du film Lady Godiva, d’Arthur Lubin, diffusé en France sous le titre  » Madame de Coventry « , avec la sublime Maureen O’Hara dans le rôle titre. À voir et à revoir…

À l’image de la Vierge Marie, montrée en exemple à toutes les femmes de ce bas monde, la dame incarne parfois une figure protectrice et bienfaisante, s’employant à apaiser les colères d’un homme irascible ou à tempérer ses décisions les plus iniques. Lorsque les circonstances l’exigent, elle se montre même capable de payer de sa personne pour protéger ceux qu’elle estime être placés sous sa responsabilité. Telle est la leçon à tirer du sacrifice consenti par Lady Godiva, dans l’une des plus émouvantes légendes de l’Angleterre saxonne.